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Échelles d’évaluation EVA, EVN, EVS et EVR : quelle différence ?

Les échelles d’évaluation de la douleur EVA, EVN, EVS et EVR sont des échelles d’auto-évaluation, au patient lui-même. Elles se limitent à l’évaluation de l’intensité de la douleur. Les résultats obtenus diffèrent des autres échelles d’évaluation, notamment comportementales, plus complètes. De part cette principale différence, découlent 2 points à relever.

1 – évaluation d'une seule dimension de la douleur.

Les outils d’auto-évaluation sont basés sur le principe de l’évaluation par le patient capable de communiquer de l’intensité ou des caractéristiques de sa douleur, sans l’intervention d’une tierce personne (soignant, aidant, famille…).(1)

  • L’échelle numérique (EN) permet au patient de noter sa douleur entre 0 : équivalent à une absence de douleur et 10 : signe d’une douleur insupportable ;
  • L’échelle visuelle analogique (EVA) est une réglette en plastique de 10 cm avec deux faces différentes. La face présentée au patient est composée d’une ligne droite et d’un curseur que le patient place selon sa douleur. L’autre côté mesure la douleur grâce à une échelle graduée ;
  • L’échelle verbale simple (EVS) se caractérise par des items : douleur absente, faible, modérée, intense ou extrêmement intense.
  • L’échelle verbale relative (EVR) présente une forme tableau avec 15 qualificatifs : élancement, pénétrante, décharge électrique, etc… Pour chaque qualificatif, le patient pourra cocher la réponse la plus proche de son ressenti depuis 8 jours (faible, modéré, fort, très fort).(3)

Ces outils s’appliquent aux adultes et aux enfants à partir de 6 ans (âge scolaire).

Certaines échelles peuvent être utilisées chez l’enfant à partir de 4 ans.  Néanmoins, l’utilisation de ces échelles ne peut être possible avec certaines catégories de personnes, notamment les enfants en bas âge, les personnes présentant des troubles cognitifs altérant leur perception, les personnes avec troubles visuels ou troubles de la motricité fine. Elles sont intéressantes par leur facilité d’utilisation, mais il est important pour le professionnel de santé de bien prendre en compte que les résultats restent très relatifs. En effet, le vécu d’une douleur sera différent d’une personne à l’autre, selon leur vécu, leur culture, leur capacité résiliente, etc…

echelle-visuelle-analogique-eva infirmier

2 – Place active du patient dans son parcours de soin.

L’évaluation et la prise en charge de la douleur constitue un véritable enjeu de santé publique en tant que critère de qualité. La Loi relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé du 4 mars 2002 reconnaît le soulagement de la douleur comme un droit fondamental de toute personne. Donner la parole au patient, lui laisser un espace actif dans sa prise en charge thérapeutique constitue un point majeur.

Les échelles EVA, EVN, EVS et EVR, en laissant au patient évaluer l’intensité de sa propre douleur, lui permet implicitement de prendre cette place d’acteur de sa prise en charge. Seuls les patients peuvent indiquer aux soignants ce qu’ils ressentent. Par ailleurs, leur participation est essentielle pour évaluer l’intensité de la douleur et l’efficacité du traitement.

La parole peut être un signal pour faire évoluer la prise en charge. Les patients doivent être écoutés et informés par les professionnels.

Du côté des soignants, l’expression du vécu de la douleur est étroitement liée à la conception du fait douloureux, influençant l’évaluation et la prise en charge de la douleur. Cette dernière résultera d’une bonne coopération patient/soignant, communication et confiance, pouvant découler de cette auto-évaluation. Laisser la parole à la personne algique aide à une adhésion et une participation active de sa part au projet thérapeutique à venir.

Evaluation verbale de la douleur

Evaluation non verbale de la douleur

En définitif

Il est difficile de mesurer quantitativement un fait douloureux aussi subjectif et multifactoriel que la douleur d’une autre personne. En pratique, l’évaluation d’une douleur, notamment chronique, doit répondre au moins à trois questions essentielles pour déterminer la stratégie thérapeutique la plus efficace :

Quel est le type de douleur (symptomatique, post-opératoire, chronique, etc… ) ?

Quel le mécanisme générateur de douleur (origine neuropathique, nociceptive, psychogène, idiopathique ) ?

Quelle est l’intensité de la douleur ?

Ces échelles ont l’avantage d’être facile à comprendre et à mettre en place pour les patients ; et sont suffisantes par exemple pour les douleurs aiguës, post-opératoires. Mais dans les situations de douleurs chroniques, il peut être préférable de recourir aux échelles plus complexes, qui aideront à tenir compte des autres composants de la douleur.

Sources :

échelle de la douleur - Form's réunion
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