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Effet des exercices sur le cou en position assise chez les patients souffrant de douleurs chroniques au cou

Une mauvaise posture assise est impliquée dans le développement et la chronicité des symptômes de douleurs cervicales.

Cette étude avait deux objectifs : (1) comparer le changement de posture cervicale et thoracique au cours d’une tâche de distraction entre des sujets souffrant de douleurs chroniques au cou et des sujets témoins et (2) comparer les effets de deux programmes différents d’exercices du cou sur la capacité des personnes souffrant de douleurs au cou à maintenir une posture cervicale et thoracique droite durant cette tâche.

Cette étude a été menée sur 58 sujets souffrant de douleurs chroniques non sévères au cou et 10 sujets témoins.

Le changement de posture cervicale et thoracique par rapport à une posture verticale a été mesuré toutes les 2 minutes au cours du tache réalisée sur un poste informatique pendant 10 minutes.

Après les mesures de base, les sujets souffrant de douleurs cervicales ont été répartis au hasard dans l’un des deux groupes d’intervention de six semaines : un groupe qui a reçu un entraînement des muscles fléchisseurs cranio-cervicaux ou un groupe qui a reçu un entraînement d’endurance et de force des muscles fléchisseurs cervicaux.

Entraînement des fléchisseurs cranio-cervicaux

L’entraînement des muscles fléchisseurs cranio-cervicaux a suivi le protocole décrit par Jull et al (A therapeutic exercise approach for cervical disorders – 2004)

L’exercice cible les muscles fléchisseurs profonds de la région des cervicales supérieures, le longus capitis et le longus colli, plutôt que les muscles fléchisseurs superficiels, le sternocleidomastoïde et le scalène antérieur, qui fléchissent le cou mais pas la tête.

En outre, l’exercice est de faible charge pour entraîner plus spécifiquement les fléchisseurs cervicaux profonds, et non l’ensemble du cou dans un exercice de levé de la tête.

L’exercice a fait appel à un capteur de pression rempli d’air (Stablizer),† qui a été placé sous-occipitalement pour surveiller l’aplatissement subtil de la lordose cervicale qui se produit lors de la contraction du muscle long colli.

Entraînement d’endurance – force

Le programme d’entraînement d’endurance et de force consistait en une progression d’exercices de résistance pour les fléchisseurs de la nuque.

L’exercice a été effectué en position couchée sur le dos, la tête appuyée dans une position de repos confortable.

On a demandé aux sujets de lever la tête pour que la flexion cervicale se produise tout en maintenant une position neutre de la colonne cervicale supérieure.

Les sujets ont lentement déplacé la tête et le cou à travers une amplitude de mouvement aussi complète que possible sans causer d’inconfort ou reproduire leurs symptômes.

Effet de l’exercice sur le contrôle de la posture en position assise chez les sujets souffrant de douleurs au cou

Après une intervention de 6 semaines avec un entraînement des fléchisseurs cranio-cervicaux ou un entraînement d’endurance et de force des fléchisseurs du cou, les participants souffrant de douleurs cervicales ont amélioré leur capacité à maintenir une posture droite de la colonne thoracique pendant les 10 minutes de travail sur ordinateur.

Cette amélioration pourrait être attribuée à des facteurs tels que la familiarité avec les tâches ou une meilleure conscience posturale ; cependant, seul le groupe qui a reçu l’entraînement spécifique des fléchisseurs cranio-cervicaux a amélioré sa capacité à maintenir une position verticale de la colonne cervicale.

L’entraînement des fléchisseurs cranio-cervicaux consiste à exécuter et à maintenir des positions internes de flexion cranio-cervicale, l’action anatomique des muscles fléchisseurs cervicaux profonds.

Il a été démontré que cet entraînement augmente l’activation de ces muscles. L’amélioration de la capacité de maintenir une position verticale de la colonne cervicale, qui a été observée pour le groupe d’entraînement des fléchisseurs cranio-cervicaux, peut refléter une meilleure endurance des muscles fléchisseurs cervicaux profonds, qui a été observée pendant la tâche fonctionnelle de la séance.

Cette amélioration s’est produite même s’il n’y avait pas d’instruction sur la correction posturale en position assise durant l’exercice. Cette constatation appuie notre précédente suggestion selon laquelle un contrôle inadéquat de la tête en position assise prolongée peut être un corrélat fonctionnel de la déficience des muscles cervicaux profonds.

De plus, la flexion cranio-cervicale active directement la musculature fléchissante cervicale profonde, qui a une densité relativement élevée de branches musculaires. Un sens kinesthésique cervical amélioré après l’entraînement du fléchissement craniocervical peut également expliquer la capacité améliorée à maintenir une position droite de la colonne cervicale.

Il est à noter que le programme d’endurance et force n’a pas influencé les paramètres posturaux de la colonne cervicale. Bien qu’il existe des preuves suggérant qu’un programme d’endurance et de force pour les muscles fléchisseurs du cou réduit la douleur au cou, améliore la force, et réduit la fatigue du sternocleidomastoïde et des muscles scaléens antérieurs : il ne semble pas améliorer la capacité à maintenir une position verticale de la colonne cervicale dans une tâche assise.

Le maintien de l’angle postural cervical avec l’entraînement des fléchisseurs cranio-cervicaux pendant la tâche de distraction de 10 minutes a atteint une signification statistique par rapport au programme de force et d’endurance. Néanmoins, on peut se demander si le maintien subtil des angles posturaux est cliniquement significatif. Il n’est pas possible de répondre directement à cette question dans la présente étude.

Cependant, l’ampleur du changement de posture cervicale à la suite d’un entraînement de flexion cranio-cervicale est similaire à l’ampleur de la différence observée entre les sujets souffrant de douleurs cervicales et les sujets témoins dans la première phase de cette étude.

De plus, une telle subtilité dans la dérive de la tête a également été observée par Szeto et al dans leur comparaison des travailleurs en informatique avec et sans douleur au cou.

Les résultats des deux études suggèrent pour les kinésithérapeutes que, dans les postures de travail en position assise, des changements subtils dans la posture au fil du temps, reflétant peut-être un mauvais contrôle musculaire tel que proposé dans cette étude, pourraient être très pertinents pour la fonction des employés de bureau souffrant de douleurs au cou.

Changement dans la douleur et l’incapacité perçue

Après 6 semaines d’exercice, une réduction significative de l’intensité moyenne de la douleur (NRS) et de l’incapacité perçue (score NDI) a été identifiée pour les deux groupes avec entrainement.

Bien que seul le groupe d’entraînement des fléchisseurs cranio-cervicaux ait montré une amélioration significative de sa capacité à maintenir une position verticale de la colonne cervicale, cela n’a pas été associé à une réduction plus importante de la douleur ou de l’incapacité perçue par rapport au groupe avec programme d’entraînement d’endurance et force.

Cependant, comme une position de flexion avant soutenue de la colonne vertébrale a été associée à une compression des tissus cervicaux, l’amélioration de la posture cervicale en position assise peut avoir un avantage supplémentaire à long terme en réduisant les épisodes récurrents de douleurs au cou.

Ceci est particulièrement important étant donné le taux élevé de récidive des douleurs cervicales.

Conclusion

Les sujets souffrant de douleurs chroniques au cou ont démontré une capacité réduite à maintenir une posture verticale neutre lorsqu’ils sont distraits par une tâche informatique.

Après la mise en place d’un programme d’exercices visant à rééduquer les muscles fléchisseurs cranio-cervicaux, les sujets souffrant de douleurs chroniques au cou ont démontré une meilleure capacité à maintenir une posture cervicale neutre pendant une position assise prolongée.

Ceci reflète très probablement une amélioration de l’endurance des muscles qui contrôlent la position posturale du cou pendant la fonction.

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Auteurs : Deborah Falla, Gwendolen Jull, Trevor Russell, Bill Vicenzino, Paul Hodges
Physical Therapy, Volume 87, Issue 4, 1 April 2007, Pages 408–417,
https://doi.org/10.2522/ptj.20060009

Deborah FALLA : https://www.forms-reunion.com/formateurs/deborah-falla/

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