Physio focus : l’épaule

1) L ‘épaule et l’historique des approches

Un grand nombre de thérapeutes reçoivent des patients souffrants de l’épaule dans leurs cabinets. Leurs approches bienveillantes s’assurent de ne pas être délétères en première intention.
Pour orienter leurs prises en charge, beaucoup d’entre eux se remémorent les cours d’anatomie ou l’on parlait de 5 articulations avec des « vraies et des fausses ».
Dans ces mêmes cours, la parole des enseignants était considérée la plupart du temps comme l’unique référence des étudiants : la vérité absolue !
L’enseignant démontrait que lors du mouvement, il existe différents centres instantanés de rotation qui modifient leurs trajectoires pendant l’élévation du bras, sans compter les facéties de la scapula, ou bien encore le rôle de l’acromion dans les douleurs d’épaule.
A cette époque : seul le massage, les infrarouges, les mouvements de décoaptation actif et le travail des abaisseurs / rotateurs médiaux étaient de rigueur pour résoudre les algies présentes.
Sans oublier que les médecins jouaient et jouent toujours un rôle déterminant dans la prise en charge, au travers de leurs recommandations sur les prescriptions.
La thérapie manuelle (souvent pratiquée en première intention) régnait en référence absolue sous la forme de réharmonisation articulaire selon le concept « Sohier ».
Croyez-le ou non, il y avait une chronologie dans le soin articulaire avant le soin musculaire, et selon le monde scientifique de l’époque il y avait d’excellent résultats.

2) L’évolution des connaissances sur l’épaule

Depuis plus de 10 ans le nombre de publications scientifiques dans le domaine de la rééducation de l’épaule croît de manière exponentielle. Toutes ces publications suivent une démarche Evidence Base Practice (EBP).
Le rôle postural y est remis en cause, car les dyskinésies scapulo-humérales n’ont presque plus de sens pour certains, vu que les sujets asymptomatiques présentent parfois eux-aussi des dyskinésies.
On constate également que le supra épineux devient rotateur latéral par certaines de ses fibres. Ces différents éléments peuvent s’avérer problématiques pour définir LA bonne prise en charge auprès des patients !
Depuis peu il semble que l’on ne veuille plus s’intéresser à la cause mais plutôt au symptôme.

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3) Épaule et questionnement

La question est la suivante :
« Suis-je en capacité de modifier les symptômes dans la séance ? » (Jeremy Lewis 2009).
Si c’est le cas, on récupère la main sur la prise en charge et la réussite est assurée. Mais si cela ne fonctionne pas ? Quelles options s’offrent à nous ? Doit-on se résigner à ce que le patient se tourne vers des thérapies alternatives ? microkinésithérapie, faciathérapie, etc…
Ces pratiques ont leurs places dans le paysage du soin mais cela sous-entend que les patients attendent autre chose qui ne relève plus de la compétence d’un kinésithérapeute…

4) Les solutions selon les connaissances scientifiques actuelles

Alors explorons les autres pistes que la science nous offre :
• S’intéresser aux neurosciences notamment à la douleur et les perturbations corticales qu’elle entraine.
• S’essayer à l’éducation thérapeutique pour une meilleur compréhension par les patients de leurs douleurs, surtout quand cela dure plus de 3 mois.

Sinon il ne reste plus qu’à classer le patient dans les 20% d’échec sur la prise en charge… Un thérapeute consciencieux ne supporte pas l’idée de laisser son patient à l’abandon !
Pour éviter cette immense frustration, il est impératif de passer la main à un confrère pour qu’il apporte un regard nouveau sur le patient et la prise en charge applicable.
Il est recommandé de travailler sur ces problématiques avec ses assistants ou associés.
En parlant le même langage thérapeutique et avec une approche différente, il est possible d’effectuer une prise en charge raisonnée et efficace sur une situation d’épaule complexe.

Il faut garder à l’esprit les possibilités immédiates suivantes :
• Revoir le bilan clinique et repasser en détails chaque étape est une solution.
• Reprendre l’interrogatoire et enrichir le questionnement : La moindre information disponible peut faire la différence !
• Reprendre le management (ou coaching), afin que les patients se rapprochent de la perfection dans les exercices effectués et leurs différents degrés d’efficacité ! (D’où l’importance du raisonnement clinique pour trouver l’exercice le plus efficient).
• Vérifier que les patients font bien les exercices chez eux, afin d’optimiser la durée des soins effectués par les thérapeutes.

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Avec les connaissances actuelles, la prise en charge de l‘épaule est bien plus accessible même sur les cas compliqués. Il suffit de lire cette épaule comme un bon livre… et avec l’expérience on lit plus vite et avec plaisir 😉 Alors posez-vous les bonnes questions, plongez-vous dans les connaissances actuelles sur la thématique, et vous obtiendrez des prises en charge raisonnées, ainsi que la satisfaction de vos patients !

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